Les violences conjugales

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Comprendre les violences conjugales pour mieux les prévenir

Comprendre les violences conjugales est un préalable indispensable à toute action de prévention. Empêcher les violences faites aux femmes est devenu un véritable enjeu de santé publique au même titre que l’alcoolisme ou le cancer.

En France, et plus largement en Europe, la première cause de mortalité des femmes de moins de 59 ans est la violence au sein du couple.

Qu’entend-on par conjugalité ?

La conjugalité concerne toutes les personnes en couple :
mariées, pacsées, en concubinage, ou tout simplement en couple sans autre définition.
Cela implique aussi bien les couples homosexuels qu’hétérosexuels.

Comprendre les violences conjugales

Le terme générique de “violences conjugales” comporte dans les faits six réalités différentes :

  • La violence verbale : insultes, menaces, chantage
  • La violence psychologique : humiliations, harcèlement, contrôle, dénigrement, mépris
  • La violence physique : coups, blessures, destruction du matériel environnant
  • La violence sexuelle : viol, attouchements, pratiques sexuelles imposées
  • La violence économique : privation de ressources, interdiction de travailler, accaparement du salaire
  • La violence administrative : privation de papiers (carte de séjour, carte de sécu…)
sensibilisation contre les violences conjugales

La violence psychologique au cœur des conflits conjugaux

L’agression que l’on retrouve systématiquement dans la maltraitance au sein du couple est la violence psychologique. Par la répétition des humiliations, la victime va perdre confiance en elle, se culpabiliser et croire que ce qui lui arrive est de sa faute.

C’est un moyen facile pour la personne agresseuse de perpétuer une relation de contrôle et d’emprise par des remarques dégradantes au quotidien.

Paralysées par la peur, une forte dévalorisation d’elles-mêmes, l’isolement et la honte, la peur de perdre leurs droits, leurs enfants, les victimes ne parviennent plus à sortir du cycle des violences.

Quelles sont les différences entre une dispute et de la violence conjugale ?

Une dispute concerne deux personnes à égalité qui entrent en conflit à un moment donné.
Dans un processus de violence conjugale, la relation entre les deux partenaires est inégalitaire. Cette maltraitance récurrente est toujours dirigée contre la même personne et c’est toujours elle qui a peur.

Pourquoi la victime d’agressions ne part-elle pas ?

Plusieurs facteurs expliquent qu’une victime de violences au sein du couple ne parte pas ou revienne auprès de son.sa conjoint.e violent.e après une rupture.

Les sévices répétés entre conjoints peuvent provoquer :

  • une grande fatigue physique et un possible état dépressif ;
  • une grande perte de l’estime de soi ;
  • de la honte ;
  • de la culpabilité ;
  • de l’anxiété à l’idée d’une rupture ou d’un départ.

La victime de violences conjugales peut avoir peur :

  • des représailles ;
  • de ne pas pouvoir surmonter les obstacles matériels ;
  • de perdre la garde des enfants ;
  • d’affronter les institutions judiciaires ;
  • de ne pas vouloir briser l’unité familiale ;
  • de subir la pression de la famille…

Il est parfois difficile pour la victime de prendre conscience qu’elle subit des violences conjugales tant il y a eu un travail de sape mentale, après lequel la victime croit être responsable de ce qui lui arrive.

Les violences au sein du couple s’inscrivent dans un processus cyclique

La connaissance de ce cycle de violences permet également de mieux comprendre la confusion des sentiments des femmes victimes de violences conjugales, rendant difficile la prise de décision.

Le cycle des violences conjugales comporte quatre phases :

>> Phase 1 : l’accumulation des tensions

Des signes extérieurs (les enfants sont bruyants, la journée de boulot a été longue, le dîner n’est pas prêt…) vont commencer à rendre agressive la personne violente. Les tensions sont palpables, il y a de l’électricité dans l’air, la victime de violence commence à se douter qu’une crise est imminente. Elle essaie tant bien que mal d’arrondir les angles afin que celle-ci n’ait pas lieu.

>> Phase 2 : la crise de violence en elle-même

Il s’agit ici d’un épisode de violence verbale, physique ou sexuelle : insultes, coups…

>> Phase 3 : la double-culpabilisation

L’auteur.e des violences se déresponsabilise de son acte de violence en culpabilisant sa victime et en la rendant responsable. Une personne victime de violence finit par croire qu’elle est la cause de ce qui se passe, voire même qu’elle a mérité cette agression. Dans cette phase, la honte et la culpabilité cohabitent.

>> Phase 4 : la lune de miel

L’auteur.e des violences s’excuse pour son acte de violence et promet de ne plus recommencer. La peur fait alors place à l’espoir, et permet d’effacer ce qui s’est passé pendant la crise. Le couple peut recommencer à faire de nouveaux projets et la victime retrouve son.sa conjoint.e tel qu’elle l’a connu.e au début de leur relation. Elle lui pardonne.

Les périodes de lune de miel sont de plus en plus courtes avec le temps. Ce cycle recommence de plus fréquemment, jusqu’à ce que les périodes d’accalmie disparaissent entièrement pour ne laisser place qu’à des épisodes d’agressions.

Qui sont les personnes victimes de sévices entre époux ?

  • Les femmes représentent la majorité des victimes d’agressions conjugales. En France, une femme sur dix est touchée (contre moins d’un homme sur cent).
  • La violence conjugale touche tous les âges, dès les premières mises en couple à la puberté, jusqu’à la fin de la vie.
  • Tous les milieux socio-professionnels sont concernés. C’est parfois la forme prise par la réponse aux violences qui diffère.

Que faire en cas de maltraitance ?

Vous êtes victime, témoin, ami.e, parent, de nombreuses ressources existent pour vous écouter et vous conseiller.
Plus d’informations sur notre page Aides/ressources.

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Violences dans les couples LGBT

LGBT : L pour Lesbienne, G pour Gay, B pour Bisexuel·le, T pour Trans.

Les violences conjugales existent aussi chez les couples homosexuels, entre deux femmes ou entre deux hommes, qu’ielles soient cis ou trans.

Les violences conjugales dans les couples homosexuels présentent des caractéristiques communes aux violences dans les couples hétérosexuels. Elles peuvent prendre différentes formes – verbales, psychologiques, sexuelles, physiques, etc.

On retrouve le phénomène d’emprise : l’un·e des partenaires va prendre le contrôle de l’autre et un rapport de pouvoir va s’instaurer dans le couple au profit d’une personne.

Il y a également le côté cyclique des violences avec les alternances de phases de violences puis de phases « lune de miel » accompagnées d’excuses et de culpabilisation de la victime.

Et surtout les conséquences sont tout aussi dévastatrices pour la personne qui subit les violences : perte de confiance en soi, honte, isolement, anxiété, peur…

Le schéma global des violences conjugales est identique dans les couples homosexuels et hétérosexuels. Mais des particularités méritent d’être soulignées afin de pouvoir mieux prendre en compte et aider les personnes LGBT vivant des violences dans leur couple. Il y a en effet d’autres violences à prendre en compte, spécifiques aux identités LGBT.

>> Freins supplémentaires pour demander de l’aide

  • La menace « d’outing» c’est-à-dire de révéler l’orientation sexuelle : si la victime des violences conjugales n’a pas révélé son orientation sexuelle à son entourage – famille, ami.e.s, collègues de travail, etc.  – , la personne agresseuse peut l’utiliser comme un moyen de chantage et de menace. Cette menace est encore plus prégnante dans les lieux/pays où l’homosexualité n’est pas tolérée voire illégale, ce qui renforce le pouvoir et l’emprise de la personne agresseuse.
  • Peur de subir des LGBTphobies de la part des institutions et associations non spécialisées sur les thématiques LGBT : toute personne non formée spécifiquement aux questions LGBT peut reproduire des préjugés et générer malgré elle de l’homophobie, de la lesbophobie, de la biphobie ou de la transphobie.
  • Réticence à dévoiler son orientation sexuelle ou identité de genre : selon le parcours de chacun·e, le fait de devoir parler de son orientation sexuelle ou identité de genre peut être une violence.
  • Peur d’amener du discrédit sur la « communauté LGBT » et pression à garder un sens de la solidarité. Avouer des problèmes de couple peut être vu comme une manière de donner des arguments aux personnes affirmant la dysfonctionalité des couples homosexuels.

>> Contexte spécifique de la prise en charge

  • Problème des stéréotypes de genre qui influent sur la perception à la fois des victimes elles-mêmes et des travailleurs·euses sociales·aux : minimisation de la violence et sous-estimation de la réalité de la situation pour les couples lesbiens (« une femme ne peut pas être violente »), ce qui amène à excuser ou nier les manifestations de violence, à les considérer comme des « crises » ou de la « nervosité ».
  • La vision de « violences mutuelles » est renforcée entre deux personnes de même sexe, et occulte le contexte plus large de contrôle et domination qui s’est installé dans le couple.
  • Reproduction de discriminations LGBTphobes de manière non-consciente par des professionnel·le·s non formé·e·s à cette thématique, à cause des préjugés et stéréotypes entretenus par la société et dans lesquels nous baignons toutes et tous.
  • Difficultés à pouvoir mettre de la distance avec la personne agresseuse si les deux personnes vivent dans les cercles LGBT : se couper de son/sa partenaire revient à se couper de la communauté LGBT, seul endroit que les personnes ressentent comme un espace « safe » et lieu important de socialisation.

Voici un tour d’horizon pour vous permettre de mieux comprendre les violences conjugales.

N’hésitez pas à partager l’information sur vos réseaux sociaux.

🔊 Si vous êtes dans une situation de violences, vous pouvez vous adresser à toutes les structures d’accueil et d’accompagnement qui existent. Elles accueillent toutes les femmes indépendamment de leur orientation sexuelle ou identité de genre.

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par l’association Libres Terres des Femmes : 8 films d’animation en 10 langues pour informer les femmes sur leurs droits et sur les démarches à engager.
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