Violences sexuelles et consentement

points

Tout acte sexuel (pénétration, attouchements, exhibition…) commis avec « violence, contrainte, menace ou surprise » est interdit par la loi et sanctionné pénalement.
Il y a violence sexuelle, dès lors qu’il y a absence de consentement d’une des personnes impliquées (viol ou autres agressions sexuelles).
L’auteur des faits est le seul responsable. Le coupable, c’est l’agresseur.

 

points

Définitions : ce que dit la loi

 

Constitue une agression sexuelle : « toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise » (articles 222.22 et 222.27 du Code pénal).

La loi distingue le viol des autres agressions sexuelles, comme supposant un acte de pénétration sexuelle, « de quelque nature qu’il soit » (vaginale, anale ou orale, par le sexe, par la main ou des objets), également commis par violence, contrainte, menace ou surprise (article 222.23 du Code pénal).

Le viol est un crime et les autres agressions sexuelles sont des délits.

Exemples

  • Il y a recours à la surprise, lorsque la victime est endormie, inconsciente, ou encore dans un état d’alcoolémie ne lui permettant pas d’exprimer son non-consentement.
  • Il y a recours à la contrainte, lorsque l’agresseur exerce une pression physique sur la victime, ou lorsque l’agresseur exerce une pression morale sur la victime, notamment du fait de l’autorité qu’il a sur elle : professionnelle, familiale, financière, etc.
  • Il y a recours à la menace, par exemple, lorsque l’agresseur annonce des représailles en cas de refus de la victime.
  • Dans tous les cas, l’agresseur exerce une ou plusieurs formes de violence, pour arriver à ses fins.
  • Les agressions sexuelles ne sont pas toutes définies avec précision dans le Code pénal, mais regroupent par exemple les attouchements, la masturbation imposée, la prise de photos ou le visionnage pornographique sous contrainte (que ce soient des actes que l’agresseur pratique sur sa victime ou bien qu’il contraigne sa victime à les pratiquer sur lui).
  • L’exhibition sexuelle, imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible aux regards du public, est également un délit d’agression sexuelle.
  • Depuis 2013, constitue également une agression sexuelle « le fait de contraindre une personne par la violence, la menace ou la surprise à se livrer à des activités sexuelles avec un tiers ». (Art 222-22-2 du code pénal)

 

Un phénomène de masse,
conséquence d’un système sexiste

 

Les violences sexuelles ne sont pas uniquement des drames individuels. Il s’agit d’un phénomène de masse qui sévit partout, dans toutes les catégories sociales et à tous les âges.

Exemple en France

On estime que 98 000 personnes sont victimes de viols ou de tentatives de viols chaque année, âgées de 18 à 75 ans.*

Impressionnant, ce chiffre ne permet pourtant pas d’appréhender toute l’ampleur du phénomène :

  • d’une part, parce que ces statistiques ne comptabilisent pas les milliers de victimes mineur·e·s,
  • d’autre part, parce que les chiffres issus des enquêtes (encore rares et nouvelles) dont nous disposons actuellement sont certainement largement sous-estimés, la parole des victimes étant longue et difficile à libérer.

Les violences sexuelles sont le signe d’une société profondément sexiste.
Ainsi, les violences sexuelles frappent majoritairement les femmes (85% des victimes) et sont très majoritairement perpétrées par des hommes (99% des agresseurs).

Exemple en France

  • 99% des condamnations pour violences sexuelles sont prononcées contre des hommes (que la victime soit un homme ou une femme).*
  •  84 000 femmes et 14 000 hommes âgé·e·s de 18 à 75 ans sont victimes de viols ou de tentatives de viols chaque année.*

Un peu de psychologie… Contrairement à certaines idées reçues, les agresseurs n’obéissent pas à des pulsions sexuelles irrépressibles (comme le feraient des animaux), mais cherchent avant tout à satisfaire leur volonté de domination. Le viol, c’est la manifestation d’une prise de pouvoir sur autrui, dont le sexe est un moyen, non un but.

« Le viol est d’abord une agression. Et l’agresseur élit le champ sexuel. »
Loïck Villerbu, psychologue et criminologue (cité dans Le Viol, un crime presque ordinaire)

L’ampleur des violences sexuelles et leur caractère sexiste prennent racine dans une société empreinte de l’idéologie de la domination masculine (voir définition du sexisme), dont le corps des femmes est le premier lieu symbolique.

Textes religieux, mythes antiques, contes de fée, littérature, publicité, cinéma, jeux vidéos… La plupart de nos références culturelles mettent en scène et normalisent l’appropriation du corps des femmes par les hommes.

Le contrôle et l’emprise sur le corps des femmes se matérialisent par un grand nombre de violences et procédés (mutilations, contraintes vestimentaires, femmes-objets…), au cœur desquelles le viol et les agressions sexuelles, comme « armes de domination massive »…

 

* Source : Lettre de l’Observatoire national des violences faites aux femmes 2015
(enquêtes « Cadre de vie et sécurité », chiffres de la police, etc.)

 

Sortir de la culture du viol
Éduquer au consentement

 

« La souffrance des victimes est majorée par la honte, la culpabilité,
l’absence d’écoute et de compréhension auxquelles elles se heurtent,
d’autant plus que le violeur est souvent une personne de leur entourage »

Emmanuelle Piet, présidente du Collectif Féministe Contre Le Viol

consentement

 copyrights Elise Gravel, www.elisegravel.com

 

Le concept de « culture du viol » est apparu dans les années 70 pour décrire un environnement social et médiatique qui excuse, banalise, érotise voire encourage les violences sexuelles.

La mise en scène récurrente des agressions sexuelles dans notre paysage culturel et la complaisance affichée envers les auteurs contribuent à maintenir hommes et femmes dans des rôles assignés : les premiers conquérants, qui prennent l’initiative, quitte à forcer, les secondes passives, dans l’expectative, quitte à céder.

La culture du viol, c’est par exemple, un animateur télé embrassant contre son gré le sein d’une invitée devant un public hilare, des héroïnes de films, de livres et de jeux vidéo violées et agressées sexuellement (Kill Bill, Lara Croft, Millénium, Game of throne…), des héros entreprenants (James Bond, toujours à embrasser des femmes sans prévenir, Han Solo à qui Leia dit non plusieurs fois…), des contes de fées aux princesses endormies (parlons du consentement de la Belle au bois dormant…), etc.

La culture du viol explique pourquoi plus de 86% des viols en France sont commis par quelqu’un que la victime connaît (statistiques de la permanence téléphonique nationale Viols Femmes-Informations). Un homme à qui elle n’a pas forcément dit non, ce qu’il a interprété par défaut comme un oui. Ce « par défaut », c’est le produit de la culture du viol.

En effet, contrairement aux idées reçues, les viols ne sont pas seulement le fait de psychopathes, d’alcooliques, d’anormaux ou d’obsédés sexuels. Au contraire, ils sont souvent commis par des hommes parfaitement intégrés socialement et majoritairement par des personnes considérées comme des proches (74% selon les statistiques de Viol Femmes-Information).

 

Avec la culture du viol, on assiste très souvent à une inversion des responsabilités :

  • la victime est culpabilisée : « Que portiez-vous ? Que faisiez-vous seule la nuit ? Pourquoi lui avez-vous souri ? »
  • l’agresseur est excusé et même parfois admiré/envié : « Cette histoire va gâcher sa vie, un homme a des besoins, il y a des femmes qui aiment qu’on les force, c’est un don Juan, aucune femme ne lui résiste… »

Tous ces raisonnements ne sont que des mythes, qu’il faut à tout prix déconstruire ! Aucun argument valable ne peut justifier le fait d’imposer un acte sexuel non-consenti. Dans une agression, le seul coupable, c’est l’agresseur !

 

dessin monsieur Q

Dessin de Monsieur Q.

 

Pour sortir de la culture du viol, il faut absolument éduquer au consentement et ce dès le plus jeune âge. L’expression du consentement libre et éclairé des partenaires est la condition absolue d’une relation sexuelle ; sinon, il s’agit d’un viol ou d’une agression sexuelle.

Consentement :
Action de donner son accord à une action, à un projet ; acquiescement, approbation, assentiment (définition du Larousse)

 

Exemples

  • Quand une personne dit « non », c’est « non »Il n’y a pas consentement !
  • Quand une personne (endormie, inconsciente, excessivement ivre…) ne peut pas dire clairement « oui »Il n’y a pas consentement !
  • Quand une personne cède sous la menace, face à une violence physique, symbolique psychologique… son « oui » n’est pas libre !  Il n’y a pas consentement !
  • Le consentement peut être retiré à tout moment : même si la personne est votre conjointe, même si elle a flirté avec vous avant, même si vous avez déjà échangé des caresses, quand elle dit « non », c’est « non »Sans consentement, il y a violence sexuelle !

 

points

Aller + loin

Bande dessinée
« Appeler un viol un viol », tirée du blog Dans mon Tiroir de Marine Spaak
Lire la BD

Vidéo humoristique
« Qu’est-ce que vous portiez? », sketch sur le consentement tiré de l’émission Tracey Ullman’s Show
Voir la vidéo

Livre
Le Viol, un crime presque ordinaire, d’Audrey Guiller et Nolwenn Weiler, éditions du Cherche Midi
Lire des extraits

Association
Le Collectif féministe contre le viol (CFCV)
www.cfcv.asso.fr

Essai
Céder n’est pas consentir, Nicole-Claude Mathieu

points

>> Retour page Violences sexistes