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Publié le 15 novembre 2017

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES : Libérons la parole, oui, mais donnons-nous aussi les moyens de prévenir les violences !

[communiqué de presse]

 

L’association Filactions se réjouit de constater ces dernières semaines, dans les médias et sur les réseaux sociaux, une prise de conscience collective autour du harcèlement sexuel et des violences faites aux femmes. Accusations à l’encontre d’Harvey Weinstein, de Tariq Ramadan, hashtags #meetoo et #balancetonporc… La parole des victimes se libère, éclairant au grand jour un fléau de société et de santé publique habituellement sous-estimé, peu abordé, voire ignoré.

Cependant, cette multiplication des témoignages ne suffira pas à amorcer un véritable changement des mentalités, si elle ne s’accompagne pas également d’un travail de prévention, en amont, des violences sexistes.

Sans volonté politique d’enrayer le système à l’origine de ces violences, le risque est que toutes les voix révélées par le buzz médiatique retombent aussi vite dans l’oubli… D’autant que nombre de violences sexistes demeurent particulièrement taboues, comme les violences au sein du couple, qui touchent pourtant une femme sur dix en France. Il est donc crucial, non seulement que les pouvoirs publics se penchent sur l’amélioration de la législation et de son application (cf projet de loi Schiappa), mais aussi s’emparent de la question des moyens alloués à la prévention et aux associations de sensibilisation comme Filactions.

En effet, les violences envers les femmes, tel que le harcèlement, ne sont ni des cas isolés, ni accidentels, mais il s’agit d’un phénomène de société, avec un continuum de violences : verbales, psychologiques, physiques, sexuelles, économiques, administratives… Ces violences, des plus anecdotiques aux plus dramatiques, trouvent toutes leurs racines dans les mêmes logiques culturelles et historiques de discrimination des femmes et des filles.

À Filactions, nous considérons que prévenir les violences faites aux femmes, c’est entre autres lutter contre le « sexisme ordinaire » dès le plus jeune âge (insultes sexistes, blagues sexistes, limitation des libertés des filles sous prétexte de protection…), en éduquant aux principes de l’égalité et du respect. Parce que les mécanismes qui attisent les violences sexistes sont intériorisés très tôt par les enfants et les adolescents.

Depuis plus de dix ans, notre association développe donc des outils pédagogiques pour déconstruire les préjugés à l’origine des inégalités, promouvoir la mixité, éduquer au consentement… Il s’agit par exemple d’encourager les filles à développer leur confiance en elles et leur capacité à dire NON, mais aussi de responsabiliser les garçons en leur apprenant à respecter les limites des autres.

À quelques jour du 25 novembre, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, nous tenons à réaffirmer notre soutien aux victimes et à toutes celles et ceux qui s’engagent dans la lutte contre les violences !

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