Violences sexistes

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Les violences envers les femmes ne sont pas un HASARD.
Elles ne sont pas accidentelles, ni isolées. Il s’agit d’un PHÉNOMÈNE SOCIAL avec des conséquences sanitaires, économiques et sociétales graves.

Il y a un CONTINUUM DE VIOLENCES SEXISTES.
Toutefois, les violences sexistes ne sont pas une fatalité, NOUS POUVONS AGIR.
Il est nécessaire d’intervenir EN AMONT de ces violences pour limiter leur apparition.

C’est dans cette idée qu’est née Filactions, pour mener des actions de prévention,de sensibilisation et de formation auprès des jeunes, du grand public et des professionel·le·s.

 

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Le sexisme, un système d’oppression

 

Le sexisme se définit comme une attitude discriminatoire en fonction du sexe, basée sur une idéologie : la croyance en l’infériorité présumée d’une catégorie sociale, en l’occurrence les femmes.

Ce terme, créé par les féministes dans les années 60, dénonce les représentations et normes véhiculées par la société qui servent à justifier ces discriminations et à légitimer la domination des hommes sur les femmes.

Phénomène systémique, hiérarchique et asymétrique, le sexisme a des conséquences graves, c’est un véritable problème de société. Le sexisme engendre de grandes inégalités dans tous les domaines : droits politiques, accès à l’éducation, culture, santé, travail, vie familiale et vie sociale, sexualité, etc.

Exemples en France

  • Représentativité politique déséquilibrée : 1 seule femme Premier Ministre (Edith Cresson 1991-1992), 27% de femmes à l’Assemblée nationale, 22% au Sénat
  • Écarts de salaires entre femmes et hommes, discriminations à l’embauche : les femmes touchent en moyenne 19,2% de salaire en moins que les hommes
  • Limitation d’accès à certaines professions et responsabilités : 4% de femmes cheffes d’orchestre, 30% de femmes à des postes de direction dans la fonction publique (alors qu’elles représentent 62% des effectifs)…

 

Vidéo réalisée par le Centre Hubertine Auclert.

 

D’un système sexiste aux violences sexistes

« Le féminisme n’a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours ».
Benoîte Groult, journaliste et écrivaine féministe

 

Le sexisme est lourd de conséquences. En effet, il est à l’origine de ce qu’on appelle les violences faites aux femmes, ou violences sexistes, c’est-à-dire des violences perpétrées envers des femmes, parce qu’elles sont des femmes.

Les violences sexistes revêtent plusieurs formes : verbales, psychologiques, physiques, sexuelles, économiques, administratives… Elles peuvent aller jusqu’au meurtre, voire aux assassinats de masse. Lorsque des femmes sont tuées, parce qu’elles sont des femmes, on parle alors de féminicides.

Les violences sexistes concernent toutes les catégories sociales, tous les âges, toutes les cultures. Elles s’exercent dans les sphères tant privées que publiques : la famille, l’espace public, les institutions, le couple, les réseaux sociaux, etc.

Les violences sexistes sont à la fois les fruits du système sexiste et les piliers qui maintiennent ce système.

Exemples en France

  • 80 000 femmes violées chaque année, soit une femme toutes les 7 minutes
  • 1 femme tuée par son conjoint ou ex-conjoint tous les 2,5 jours
    (ce qui représente 30% des homicides)
  • 100% des femmes ayant déjà été harcelées dans les transports publics…

 

Des facteurs historiques, culturels et sociaux

« Les violences envers les femmes ne peuvent être considérées comme simplement accidentelles
dans la relation entre individus car elles reposent sur un ensemble
de facteurs historiques, culturels, sociaux et psychologiques. »

Brochure Osez en parler de la Fédération nationale Solidarité Femmes

 

Facteurs historiques

« La Femme a le droit de monter sur l’échafaud ;
elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ».

Olympe de Gouge, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791)

Les discriminations envers les femmes ne datent pas d’hier… Elles s’enracinent dans un système de domination sociale et politique qui dure depuis des siècles et la marche est longue vers l’égalité des droits.

Exemple des droits politiques en France

  • En 1791, Olympe de Gouge publie la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, texte qui met en évidence le gouffre entre la prétendue universalité de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 et la réalité d’exclusion des femmes. Deux ans plus tard, en 1793, la Constitution de la 1ère République proclame un suffrage universel strictement masculin.
  • En 1804, le Code Napoléon inscrit l’enfermement des femmes au sein de la famille : considérées comme des mineures, elles sont soumises, jusqu’en 1970, à l’autorité du père et du mari. « Le mari doit protection à sa femme. La femme doit obéissance à son mari ». Exclusion totale des droits politiques.
  • Ce n’est qu’en 1944 que les femmes obtiennent le droit de vote !

 

Facteurs culturels et sociaux

« On ne naît pas femme, on le devient ».
Simone de Beauvoir

 

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Le sexisme s’appuie aussi sur ce qu’on appelle les stéréotypes de genre, c’est-à-dire des comportements et des caractéristiques attribués aux personnes par la société, en fonction de leur sexe.

Alors que le sexe est une donnée biologique, le genre est une construction sociale : ce que la société, à une époque donnée, décrit comme masculin ou féminin.

  • Exemples de stéréotypes masculins : esprit de compétition, affirmation de soi, indépendance, force, sexualité débridée, courage, pouvoir, expertise, ambition, activité, extérieur…
  • Exemples de stéréotypes féminins : sensibilité, douceur/ gentillesse/ innocence, dépendance, compassion, objet sexuel, obéissance / politesse, soin, altruisme, réserve, apparence /beauté, passivité, intérieur…

« [Le genre est] un système de bicatégorisation hiérarchisée entre les sexes (hommes/femmes) et entre les valeurs et représentations qui leur sont associées (masculin/féminin) ».
Introduction aux études sur le genre,
Laure Bereni, Sébastien Chauvin, Alexandre Jaunait, Anne Revillard

Ces stéréotypes de genre aboutissent à une socialisation différenciée : par l’éducation et la socialisation, les hommes et les femmes intègrent des modèles qui vont favoriser les inégalités, ainsi que l’émergence et la tolérance des violences sexistes.

Caractéristiques du genre :
– Le genre est une construction sociale
– Le genre est un processus relationnel
– Le genre est un rapport de pouvoir
– Le genre est imbriqué dans d’autres rapports de pouvoir.

 

Vidéo réalisée par le Centre Hubertine Auclert.

 

Sexisme envers les femmes, mais aussi…

Par extension, les effets dévastateurs du sexisme -inégalités et violences- touchent non seulement les femmes, mais aussi tou·te·s celles et ceux qui :

  • dérogent aux stéréotypes de genre, par leur orientation affective et/ou sexuelle ou leur identité de genre : personnes homosexuelles, bisexuelles,  transsexuelles, mais aussi asexuelles, pansexuelles, etc. (voir onglet discriminations croisées)
  • possèdent certaines caractéristiques biologiques à la fois féminines et masculines, sortant ainsi de toute catégorisation binaire hommes/femmes : les personnes  intersexuées (voir onglet discriminations croisées)

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Aller + loin

 

Websérie
« Martin, sexe faible », pour inverser les rapports de genre
Voir la série

Bande dessinée
« Petite et grande histoire du féminisme en bande dessinée », Anne-Charlotte Husson et Thomas Mathieu
Lire des extraits

frise de femmes